La production de parfum neutre en carbone expliquée
La production de parfum neutre en carbone expliquée
1 janvier 2026Reading time: 13 min
L’industrie de la parfumerie s’oriente vers la production neutre en carbone afin de réduire son impact environnemental. Ce changement consiste à remplacer l’éthanol traditionnel, souvent issu de cultures, par de l’éthanol produit à partir d’émissions industrielles captées. Par exemple, Coty Inc. a lancé en 2023 le parfum Gucci « Where My Heart Beats », utilisant un éthanol 100% capté de carbone, une initiative qui diminue la consommation d’eau et la dépendance à l’agriculture.
Points clés :
Rôle de l’éthanol : Constitue 80 % de la plupart des parfums, traditionnellement extrait de cultures comme la canne à sucre, nécessitant d’importantes ressources en terres et en eau.
Éthanol capté de carbone : Utilise des gaz résiduels industriels, permettant d’économiser de l’eau et de réduire les émissions.
Défis : Coûts élevés, obstacles techniques et dépendance au carbone issu des combustibles fossiles.
Innovations futures : Biotechnologie et upcycling créent des ingrédients de parfumerie durables, comme le santal cultivé en laboratoire et les écorces d’agrumes recyclées.
Le secteur s’attaque également aux émissions liées à la production, à l’emballage et au transport, tout en recourant à la compensation carbone et à l’énergie renouvelable pour atteindre la neutralité carbone. Toutefois, la généralisation de ces pratiques reste complexe, les coûts et les limites de la chaîne d’approvisionnement constituant des obstacles majeurs.
La Vérité sur la Fabrication de Votre Parfum | Rewind sur la Parfumerie
Que Signifie la Production de Parfums Neutres en Carbone ?
Processus en Cinq Étapes pour Atteindre la Neutralité Carbone dans la Production de Parfums
La neutralité carbone dans la production de parfum consiste à équilibrer les émissions générées tout au long du cycle de vie d’un produit en les réduisant là où c’est possible et en compensant le reste. Pour y parvenir, le secteur suit généralement un processus structuré en cinq étapes : Définir (identifier les sources d’émissions de gaz à effet de serre), Mesurer (calculer l’empreinte carbone), Cibler (fixer des objectifs de réduction), Réduire (agir en interne et en externe) et Informer (partager ouvertement les avancées).
Cette stratégie s’articule autour de trois principaux domaines d’émissions. Périmètre 1 : émissions directes des installations de production. Périmètre 2 : émissions indirectes provenant de l’électricité et de l’énergie achetées. Périmètre 3, qui représente souvent la majorité de l’empreinte carbone d’un parfum, englobe toute la chaîne de valeur – matières premières, transport, emballage, etc. Ces catégories guident le secteur vers des solutions concrètes de réduction et de compensation, approfondies dans cet article.
Émissions sur le Cycle de Vie dans la Production de Parfum
En matière de neutralité carbone, comprendre les émissions générées lors du cycle de vie d’un parfum est essentiel. De l’approvisionnement en matières premières à la fabrication, chaque étape contribue à l’empreinte globale. L’éthanol, représentant environ 80 % de la composition des parfums, est le principal contributeur de ces émissions. Traditionnellement, il est extrait de cultures comme la canne à sucre ou la betterave, gourmandes en terres agricoles et en eau. Ces pratiques sont également liées à la déforestation, notamment dans la forêt atlantique du Brésil.
Début 2022, Coty a réalisé une avancée majeure dans son usine de Granollers, en Espagne, en intégrant plus de 20 tonnes métriques d’éthanol capté de carbone fourni par LanzaTech dans son processus de fabrication. Cet éthanol provient d’émissions industrielles recyclées, et non de méthodes agricoles conventionnelles. Dr Jennifer Holmgren, PDG de LanzaTech, souligne l’importance de cette innovation :
« Après deux ans de collaboration avec les scientifiques de Coty pour développer un éthanol de haute pureté adapté à la parfumerie de prestige, nous sommes enthousiastes de voir Coty lancer les premiers parfums distribués mondialement à partir d’éthanol CarbonSmart™. »
La production d’éthanol capté de carbone requiert très peu d’eau et réduit la dépendance à l’agriculture. La technologie de LanzaTech pourrait remplacer jusqu’à 30 % du pétrole brut utilisé et réduire de 10 % les émissions mondiales de CO₂.
Le Rôle de la Compensation et des Pratiques Renouvelables
En complément des améliorations internes, des mesures externes jouent un rôle crucial pour atteindre la neutralité carbone. Deux stratégies clés se distinguent : l’atténuation interne, centrée sur la réduction des émissions au sein de la chaîne d’approvisionnement, et la compensation externe, obtenue via les crédits carbone. L’atténuation interne inclut, par exemple, le passage à des sources d’énergie renouvelable, souvent vérifié par des certificats d’attributs énergétiques (EACs), afin de diminuer les émissions du périmètre 2.
Les crédits carbone, quant à eux, soutiennent des projets réduisant ou éliminant les gaz à effet de serre, comme la reforestation ou la production d’énergie renouvelable. Ces projets génèrent des crédits qui compensent les émissions résiduelles. Cependant, le secteur reconnaît que la compensation seule n’est pas suffisante et adopte de plus en plus l’insetting, qui consiste à agir directement au sein de la chaîne de valeur.
Sue Nabi, PDG de Coty, met en lumière les bénéfices de cette double démarche :
« Le recours à l’éthanol capté de carbone n’est pas seulement une démarche responsable, il s’inscrit également dans une logique commerciale – le consommateur d’aujourd’hui souhaite à juste titre que ses marques préférées partagent ses engagements en faveur de la durabilité. »
Coty s’est engagée à réduire ses émissions absolues de CO₂ de 30 % à l’horizon 2030, un signe fort de l’engagement du secteur envers des objectifs environnementaux mesurables et à long terme.
Méthodes pour Créer des Ingrédients de Parfumerie Durables
L’industrie de la fragrance adopte des méthodes de pointe pour minimiser son empreinte environnementale. Les avancées en biotechnologie et dans l’extraction naturelle raffinée ouvrent la voie à des ingrédients de parfum plus durables.
La Biotechnologie dans le Développement des Ingrédients de Parfumerie
La biotechnologie révolutionne la création des molécules olfactives. Grâce à l’ingénierie métabolique, les scientifiques transforment des micro-organismes comme Escherichia coli et Saccharomyces cerevisiae en « usines cellulaires » produisant, par fermentation, des composés clés comme le patchoulol, le santalol et le limonène.
L’une des innovations majeures est la fermentation gazeuse, qui réutilise les gaz résiduels issus de la production sidérurgique pour produire un éthanol pur. LanzaTech a déjà généré plus de 20 millions de gallons de cet éthanol, évitant ainsi le rejet de 115 000 tonnes de CO₂ dans l’atmosphère. Fait remarquable, ce procédé nécessite très peu d’eau et de terres.
En mai 2021, BASF et LanzaTech ont franchi une étape décisive en produisant du n-octanol à l’échelle de laboratoire. Grâce à la fermentation gazeuse, ils transforment des déchets gazeux industriels tels que le monoxyde de carbone et l’hydrogène en alcools gras, remplaçant les ingrédients issus de l’huile de palme ou du pétrole dans les cosmétiques et les parfums. Freya Burton, directrice du développement durable chez LanzaTech, imagine un futur où les matières premières telles que l’éthanol sont issues uniquement du carbone résiduel :
« Nous envisageons un avenir où l’agriculture sera réservée à l’alimentation autant que possible. Les autres matières premières comme l’éthanol... seront produites directement à partir du carbone résiduel. »
Un autre exemple est le « Dreamwood » de Symrise, une molécule de santal durable obtenue par fermentation. Contrairement au santal traditionnel nécessitant plus de 25 ans pour arriver à maturité, cette solution biotechnologique assure une qualité constante tout en contournant les défis environnementaux liés à l’exploitation forestière. Par ailleurs, la biotechnologie permet la production de composés énantiomériquement spécifiques, garantissant une précision et une constance que la récolte naturelle ne peut offrir à cause des variations climatiques ou saisonnières.
Si la biotechnologie façonne la synthèse des ingrédients, les méthodes traditionnelles évoluent elles aussi pour devenir plus efficientes en ressources.
Techniques d’Extraction Naturelle
Parallèlement aux avancées biotechnologiques, les techniques d’extraction améliorées contribuent à réduire l’impact environnemental. Les procédés comme l’extraction au CO₂ supercritique gagnent du terrain grâce au recyclage des solvants et à la minimisation des déchets chimiques. Cette méthode nécessite moins d’énergie que la distillation à la vapeur traditionnelle et offre des composés aromatiques plus purs.
L’upcycling est également une véritable révolution. Le programme « Citrus Circularity » de Givaudan transforme les résidus d’oranges, citrons et pamplemousses issus de la production de jus en huiles essentielles. Cette initiative réduit le besoin de cultures dédiées à la parfumerie en valorisant les déchets de l’agroalimentaire. En bouclant la boucle des matières, l’upcycling s’aligne parfaitement avec les ambitions de durabilité du secteur.
Caractéristique
Extraction Végétale Traditionnelle
Synthèse Chimique
Biotechnologie (Microbienne)
Source
Cultures (ex : canne à sucre, fleurs)
Pétrole/combustibles fossiles
Carbone résiduel, biomasse ou sucre
Impact Carbone
Élevé (déforestation, transport)
Élevé (dépendance fossile)
Faible à négatif
Constance
Variable (selon saisons/climat)
Élevée
Élevée
Scalabilité
Limitée par la disponibilité des terres
Élevée mais très consommatrice de ressources
En progression
Ces avancées orientent le secteur vers une production de parfums neutre en carbone. En abandonnant les méthodes d’extraction intensives au profit de procédés visant à réduire activement les déchets et les émissions, l’industrie réinvente la durabilité dans l’univers des senteurs.
Technologie et Partenariats pour la Neutralité Carbone
L’industrie du parfum s’appuie désormais sur des technologies de pointe et des collaborations stratégiques pour accélérer sa transition vers la production neutre en carbone. Ces efforts transforment la façon dont les ingrédients sont sourcés, les impacts environnementaux mesurés et les pratiques durables généralisées.
Outils d’IA pour Réduire l’Empreinte Carbone
Des outils numériques innovants permettent désormais aux marques de mesurer et de réduire précisément leurs émissions de carbone. Par exemple, les systèmes d’éco-conception offrent la possibilité de calculer l’impact environnemental des formulations. Parmi les fonctionnalités notables, les « vérificateurs d’ingrédients » évaluent la durabilité des composants avant leur intégration dans la formule finale.
Cela a une portée considérable, puisque l’éthanol peut représenter jusqu’à 95 % de la composition d’un parfum. En utilisant la technologie pour surveiller et optimiser ce composant clé, les marques réalisent des progrès majeurs dans la réduction de leur empreinte carbone. Par ailleurs, ces outils favorisent la ségrégation de la chaîne d’approvisionnement, permettant de dépasser la logique de « bilan massique » – qui mêle alcool traditionnel et durable – au profit de formulations exclusivement à base de carbone recyclé.
Ces innovations posent les bases de collaborations plus larges, cruciales pour atteindre la neutralité carbone dans l’ensemble de la filière.
Des Partenariats au Service de la Durabilité
Si les outils numériques sont essentiels, les partenariats stratégiques sont tout aussi déterminants pour la transformation durable de la parfumerie. À cet égard, la collaboration Coty — LanzaTech a permis le lancement de l’Eau de Parfum Gucci « Where My Heart Beats » en avril 2023, premier parfum distribué mondialement élaboré à partir de 100 % d’alcool capté de carbone. Illustrant l’importance de ce partenariat, Sue Y. Nabi, PDG de Coty, déclare :
« La durabilité est la source suprême d’innovation et Coty s’engage à créer des produits d’exception véritablement propres et verts. L’éthanol est l’ingrédient numéro un acheté dans la catégorie parfum et, à terme, ce partenariat avec LanzaTech réduira significativement l’impact environnemental de nos produits. »
Autre initiative phare, trois marques du groupe LVMH – Parfums Christian Dior, Givenchy Parfums et Kenzo – se sont associées à la coopérative CristalCo pour accompagner la transformation agroécologique de 380 hectares de betteravières en France. Cette initiative, fondée sur l’agriculture régénérative, produit de l’alcool bas-carbone, couvrant dorénavant 45 % des besoins en alcool de ces marques. Aussi, début 2025, Intact Regenerative a démarré ses opérations près d’Orléans, exploitant une technologie brevetée pour valoriser des plantes légumineuses. Cette méthode réduit de plus de 80 % les émissions de production et nécessite 75 % d’eau en moins par rapport aux méthodes traditionnelles.
Autant d’exemples qui démontrent comment la technologie et la coopération redéfinissent le secteur de la fragrance et imposent un nouveau standard de durabilité.
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Bénéfices de la Production de Parfums Neutres en Carbone
Indicateurs d’Impact Environnemental
Opter pour une production de parfums neutre en carbone offre des avantages environnementaux tangibles. L’une des innovations majeures est la technologie de captage du carbone, qui intercepte les gaz industriels – tels que ceux issus de la sidérurgie – pour les transformer en éthanol de haute pureté. Ce procédé évite le rejet des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et constitue une alternative durable à l’éthanol traditionnel. Puisque l’alcool représente près de 80 % de la formule d’un parfum, ce changement réduit considérablement l’empreinte carbone du secteur.
L’économie d’eau est un autre atout majeur. Les études montrent que la fabrication d’alcool à partir de carbone capté nécessite beaucoup moins d’eau que les méthodes agricoles conventionnelles. En réduisant la dépendance aux vastes zones agricoles, ces pratiques contribuent aussi à préserver les habitats naturels et à promouvoir la biodiversité. Ensemble, ces avancées illustrent le progrès réel réalisé par le secteur de la parfumerie dans la diminution de son impact environnemental.
Avec un marché des arômes et parfums qui devrait générer 800 000 tonnes de matières premières d’ici 2025, le potentiel de ces méthodes durables pour impulser un changement réel est immense. Au-delà de la réduction des émissions, l’upcycling s’impose également comme un levier pour accroître l’efficacité des ressources.
Upcycling et Efficacité des Ressources
L’upcycling joue un rôle clé dans la création d’un modèle circulaire en transformant les déchets en ingrédients précieux pour la parfumerie. Comme l’exprime brillamment le Dr Shimei Fan, directrice scientifique & responsable du développement durable chez Coty :
« Il s’agit d’un upcycling ultime… transformer des émissions industrielles, qui auraient normalement été libérées dans l’atmosphère, en alcool pour nos fragrances. »
Cette approche permet non seulement de réduire les déchets, mais souligne également comment l’innovation redéfinit la notion de durabilité dans la parfumerie de luxe.
Défis et Lacunes de la Recherche dans la Production de Parfums Neutres en Carbone
Déployer la Biotechnologie et les Pratiques Durables à Grande Échelle
Produire des parfums neutres en carbone à grande échelle est un véritable défi. L’un des principaux obstacles réside dans le coût et la complexité de la conversion du CO₂ industriel en éthanol. Comme l’explique Martin Mulvihill, cofondateur et associé directeur chez Safer Made :
« Le CO₂ ne comportant qu’un seul atome de carbone, l’assembler en un alcool multicarboné est un processus très énergivore. »
La fragmentation de l’industrie du parfum accroît la difficulté de mettre en place des chaînes d’approvisionnement durables. Avec une multitude de PME opérant de façon indépendante, l’alignement des pratiques reste ardu. Alors que les grands groupes peuvent s’offrir biotechnologies et formulations pilotées par l’IA, les maisons plus modestes manquent souvent des moyens nécessaires pour investir dans ces solutions. À cela s’ajoutent les extrêmes climatiques, qui menacent l’accès aux matières premières naturelles et accentuent la fragilité des chaînes logistiques.
Même les alternatives naturelles posent leurs contraintes. À titre d’exemple, le santal géré durablement nécessite au moins 20 ans avant de livrer un bois odorant récoltable. Ce temps long exige patience et stabilité financière, des qualités qui restent hors de portée pour nombre de producteurs.
Ces obstacles opérationnels mènent naturellement à des problématiques financières et de recherche plus larges.
Trouver l’Équilibre entre Coûts et Bénéfices à Long Terme
Les exigences financières liées à l’adoption de pratiques durables ajoutent une couche de complexité supplémentaire. En moyenne, les sociétés de parfumerie consacrent environ 8 % de leur chiffre d’affaires à la R&D. La transition vers la durabilité requiert toutefois des investissements initiaux majeurs dans de nouvelles technologies et infrastructures. Les parfums haut de gamme intégrant de l’alcool capté de carbone se vendent souvent à des tarifs élevés, reflet direct des coûts engagés.
Un autre défi majeur réside dans la compréhension et la gestion des émissions du périmètre 3, qui représentent près de 95 % de l’empreinte carbone d’un ingrédient de parfum naturel. Bernard Toulemonde, consultant et spécialiste des ingrédients naturels, souligne ce déficit :
« On saisit ainsi l’ampleur du fossé entre les données publiées jusqu’alors, restreintes aux périmètres 1 et 2, et la réalité de l’empreinte complète englobant toute la chaîne de valeur. »
L’accès aux données constitue un obstacle supplémentaire. Les formules de parfum sont jalousement gardées, rendant impossible la collecte des informations complètes nécessaires à une évaluation précise du cycle de vie. Sans méthodes standardisées ni partage transparent des données, il est difficile de concevoir des stratégies efficaces de réduction du carbone.
S’attaquer à ces enjeux financiers et informationnels est indispensable pour réaliser tout le potentiel de la production neutre en carbone. Lever ces obstacles permettra au secteur de tenir ses engagements durables et d’assurer sa viabilité économique à long terme.
Conclusion
L’essor de la production neutre en carbone transforme l’industrie de la parfumerie, redéfinissant la conception, la commercialisation et la lecture du parfum. En remplaçant les produits pétrochimiques et l’éthanol agricole traditionnel par de l’alcool capté de carbone et des matières issues de la biotechnologie, ce secteur érige les déchets industriels en produits d’exception – une forme d’upcycling remarquable.
Ce tournant transcende la responsabilité environnementale ; il s’accompagne d’avantages économiques concrets. Les études montrent que l’adoption de pratiques durables favorise la réduction des coûts tout en stimulant la croissance. Les consommateurs Millennials et Gen Z, attentifs à la transparence et à la responsabilité, poussent les marques à accélérer la transformation. Le parfum Gucci proposé à 330€ les 100ml prouve ainsi que luxe et développement durable peuvent coexister, et qu’innovation environnementale rime aussi avec positionnement premium.
Pour accompagner cette transformation, il importe que les leaders intègrent la durabilité à leurs recherches et développements. S’engager dans la lignée des Objectifs de développement durable de l’ONU, utiliser des outils comme EcoScent Compass ou encore investir dans des emballages rechargeables sont autant d’étapes essentielles. Le consommateur, en privilégiant la transparence et la démarche d’évaluation du cycle de vie, donne un signal fort au marché.
Au final, la production de parfums neutre en carbone n’est pas une simple tendance : c’est une démarche visionnaire, qui transforme les émissions industrielles en ingrédients d’exception. Il ne s’agit pas seulement de progrès… mais d’une véritable anticipation de l’avenir du secteur.
FAQ
Comment l’utilisation de l’éthanol capté de carbone rend-elle la production de parfum plus durable ?
L’éthanol capté de carbone constitue une alternative résolument innovante à l’éthanol conventionnel issu du maïs. Ce procédé transforme le CO₂ industriel en alcool, réduisant ainsi drastiquement l’empreinte environnementale. Contrairement à l’éthanol d’origine agricole, il requiert presque aucune eau, n’utilise pas de terres agricoles et élimine le recours aux engrais ou herbicides.
En réduisant fortement les émissions de carbone liées à la production de parfum, cette méthode agit sur le changement climatique tout en protégeant la biodiversité. Il s’agit là d’une étape clé vers la création de fragrances réellement neutres en carbone.
Quels défis les marques rencontrent-elles dans la création de parfums neutres en carbone ?
Créer des parfums neutres en carbone est un véritable défi, et cela commence dès la sélection des matières. Trouver des ingrédients durables s’avère compliqué, d’autant plus que des icônes de la parfumerie telles que le santal ou l’absolue de rose sont issus de plantes à croissance lente ou surexploitées. Y répondre implique de s’engager dans des actions de replantation responsable, la construction de chaînes d’approvisionnement éthiques et la collaboration étroite avec les communautés locales — autant d’étapes qui renforcent la complexité et augmentent les coûts.
Le processus de production présente lui aussi des contraintes. Les méthodes traditionnelles d’extraction consomment beaucoup d’énergie et d’eau, générant d’importants déchets. Passer à des alternatives bas carbone, comme les solvants bio-sourcés ou l’éthanol issu du carbone capté, requiert des investissements majeurs dans de nouvelles infrastructures. De plus, ces solutions doivent être largement testées pour garantir qu’elles ne dénaturent pas la qualité olfactive.
Adopter le suivi scientifique des émissions et intégrer des technologies plus écologiques ajoute une difficulté supplémentaire. Ces changements exigent souvent des investissements lourds, particulièrement pour les petites marques. Trouver un équilibre entre ces investissements nécessaires et des prix accessibles demeure crucial pour démocratiser l’accès à la parfumerie neutre en carbone.
Comment la biotechnologie et l’upcycling rendent-ils les ingrédients de parfumerie plus durables ?
La biotechnologie et l’upcycling réinventent la fabrication des fragrances afin de réduire leur impact sur la planète. La biotechnologie ouvre la voie à des méthodes innovantes pour remplacer le carbone fossile dans les ingrédients parfumés. Par exemple, la technologie microbienne permet de convertir des émissions industrielles, telles que des gaz riches en carbone, en éthanol renouvelable et en molécules aromatiques essentielles. Ce processus diminue la dépendance aux combustibles fossiles et réduit considérablement l’empreinte carbone de la parfumerie.
L’upcycling, lui, consiste à offrir une seconde vie à des matériaux généralement jetés. En transformant des sous-produits ou co-matières en ingrédients de parfumerie, il préserve les ressources tout en limitant les déchets. Ces innovations ouvrent la voie à un secteur plus durable, en diminuant les gaz à effet de serre, en limitant le recours à la pétrochimie, et en construisant une économie circulaire. Toutefois, des défis subsistent, notamment l’industrialisation de ces solutions et la maîtrise des coûts, alors que le secteur s’approche du cap de la neutralité carbone.